mercredi 23 septembre 2009

pesticides et cancers de la lymphe chez les agriculteurs

LE MONDE 27.11.08


Les agriculteurs exposes a certains pesticides presentent selon
toute vraisemblance un risque plus eleve de developper un cancer du
systeme lymphatique (lymphome), indiquent plusieurs etudes. Une
alteration d'un chromosome, premiere etape vers la cancerisation de
cellules lymphocytaires, serait particulierement frequente dans
cette population.


C'est ce que montrent les travaux presentes, le 7 novembre a
Marseille, par Bertrand Nadel et Sandrine Roulland (centre
d'immunologie de Marseille-Luminy), lors d'un colloque sur les
hemopathies malignes (cancers des cellules sanguines) organise par
le canceropole Provence-Alpes-Cote d'Azur. Le lymphome dit
"folliculaire" (LF) est "un des cancers les plus frequents et l'une
des principales causes de mortalite par cancer", explique Bertrand
Nadel. On de nombre 17 000 nouveaux cas par an de cancers lymphoides
en France. Le premier evenement du processus cancereux est une
cassure chromosomique. La portion separee du chromosome 18 va se
fixer sur le chromosome 14. C'est ce que l'on appelle une
translocation. "Chez la plupart des gens, cette translocation est
presente dans une cellule sur un million, indique M. Nadel. Nous
avons montre dans une etude recente que dans certains groupes
d'individus et notamment des agriculteurs exposes a des facteurs
environnementaux, dont des pesticides connus pour pouvoir provoquer
ce genre de cassure, la translocation entre les chromosomes 18 et 14
est mille fois plus frequente. Les cellules lymphocytaires affectees
sont tres similaires a des cellules precoces du LF."


LEUCEMIE ET INSECTICIDES


Une autre etude menee dans plusieurs regions de France conforte ces
resultats. Dans un article publie en ligne le 18 novembre dans la
revue Occupational and Environmental Medicine, l'equipe dirigee par
Jacqueline Clavel (Inserm U 754) indique que les expositions
professionnelles aux pesticides pourraient etre impliquees dans
plusieurs hemopathies malignes, dont la maladie de Hodgkin et le
myelome multiple. Leurs analyses mettent en evidence une association
entre le lymphome de Hodgkin et les expositions aux fongicides
triazoles et aux herbicides derives de l'uree, de meme qu'entre une
forme de leucemie, dite "a tricholeuycocytes", et les insecticides
organochlores et a differents herbicides. A l'inverse, il n'a pas
ete etabli de relation significative dans le cas des lymphomes non
hodgkiniens.



Paul Benkimoun
Article paru dans l'edition du 28.11.08

voir le resume de l'etude
http://oem.bmj.com/cgi/content/abstract/oem.2008.040972v1

mardi 2 juin 2009

Nouvelles études sur les pesticides

Pesticides et Parkinson Une étude américaine montre que l’exposition aux pesticides Maneb et/ou paraquat par l’environnement (dans les 500m de la zone d’utilisation) augmente en moyenne de 75% le risque de développer la maladie de parkinson chez les personnes exposées. Le risque est maximum chez les sujets exposés jeunes chez qui le risque est multiplié par 2.27 suite à l’exposition à un de ces deux pesticides ou multiplié par 4.17 en cas d’exposition aux deux pesticides.L’étude complète

Pesticides et cancers Une étude brésilienne montre une relation entre les chiffres ventes de pesticides rapportés au nombre d’habitants dans 11 états et certains cancers ( prostate, lèvres, leucémies, larynx…). Les états ayant les plus fortes ventes de pesticides par habitant présentaient les plus forts chiffres de mortalité pour tous ces cancers . L’étude complète

jeudi 30 octobre 2008

De nombreux pesticides pourraient affecter le développement cérébral des foetus et des jeunes enfants

De nombreux pesticides utilisés par les agriculteurs européens pourraient affecter le développement cérébral des foetus et des jeunes enfants, selon une étude menée par Philippe Granjean, chercheur à Harvard et à l'université du Sud-Danemark, qui invite Bruxelles à en réduire l'usage. ( L'Union Européenne prépare en cette fin d'année un paquet de législations sur les pesticides. Le futur règlement pour la mise sur le marché des pesticides pourrait exclure certaines substances en fonction de leurs propriétés, cancérigène, mutagène, reprotoxique..ou toxique du développement du système nerveux. Pour en savoir plus : http://www.mdrgf.org/news/news271008_Legislation_UE_pesticides.html )"La toxicité pour le cerveau ne fait pas partie des tests de routine pour les pesticides. Dans la mesure où beaucoup d'entre eux sont toxiques pour le cerveau des insectes, il est très probable qu'ils le soient également pour le cerveau humain", a déclaré le scientifique, qui a passé en revue près de 200 rapports de recherches sur le sujet."Les études expérimentales qui recourent à des modèles complexes suggèrent que les pesticides utilisés actuellement en Europe (...) peuvent s'avérer toxiques pour le développement du système nerveux", écrivent Granjean et deux de ses collègues danois dans le journal Environnemental Health."Le cerveau en développement des foetus et des jeunes enfants est beaucoup plus sensible que celui des adultes aux perturbations chimiques", ajoutent-ils, recommandant davantage de tests et de précautions dans la délivrance des autorisations.Leur étude porte sur les pesticides utilisés dans les 27 Etats membres de l'Union, qui procède actuellement à une réforme de la législation en la matière.retrouver l'étude originale à l'adresse :http://www.ehjournal.net/content/7/1/50

vendredi 3 octobre 2008

la moitiés des jeunes espagnols ont un sperme de mauvaise qualité. Des facteurs environnementaux mis en cause

Plus de la moitié des jeunes espagnols ont un sperme de mauvaise qualité, selon les critères de l'OMS, et auront plus de difficultés à avoir des enfants, d'après une étude espagnole présentée jeudi.Selon cette étude réalisée sur des échantillons de sperme de 1.239 jeunes espagnols âgés de 18 à 30 ans, "on peut parler d'une sous-fécondité ou qualité séminale anormale pour 57,8% des jeunes" espagnols, indique dans un communiqué l'Institut Marques de Barcelone, spécialisé dans les traitements contre la stérilité, qui a réalisé l'étude.Ces jeunes auront "plus probablement des problèmes" de fécondité, mais cela ne signifie pas forcément qu'ils ne pourront pas avoir d'enfants, a expliqué à l'AFP le professeur Juan Alvarez, co-signataire de l'étude publiée dans une revue médiale spécialisée, Andrologia.Le professeur Alvarez a souligné qu'il n'existait pas à sa connaissance d'étude comparative au niveau européen.L'étude montre aussi "d'importantes disparités géographiques dans la qualité séminale en Espagne", avec "les niveaux les plus importants d'oligospermie (quantité anormalement faible de spermatozoïdes dans le sperme) dans les région les plus industrialisées"."Les altérations dans la concentration du sperme pourraient remonter à la période embryonnaire (avant la naissance des individus en question) et être dues, dans les zones très industrialisées, à l'exposition de l'embryon à des perturbateurs endocriniens à travers le cordon ombilical", explique l'Institut."Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui agissent dans l'organisme comme des hormones féminines" et tendent à "s'accumuler dans l'organisme dans les graisses comme le lait maternel", explique l'Institut.Ces substances, dont 550 d'utilisation habituelle, répertoriées par l'Union européenne, sont "très résistantes à la biodégradation et sont présents dans notre alimentation", indique encore l'Institut Marques.(d'après AFP) l'Etude :Geographical differences in semen quality in a populationof young healthy volunteers from the different regionsof SpainM. Lopez-Teijo´, M. Elbaile & J. G. Alvarez. Andrologia 40, 318–328. ocotobre 2008.étude disponible à la page : http://www3.interscience.wiley.com/journal/121406862/abstract

lundi 29 septembre 2008

Cancers de l'enfant et facteurs environnementaux

Une étude scientifique publiée dans le journal 'Environmental Health' s'est interessée à la distribution des différents cancers de l'enfant dans les différents comtés de l'état du Texas, Etats Unis. Les scientifiques ont étudié les enfants nés de 1990 à 2002, ils ont répertoriés le nombre de cas des différents cancers dont certains d'entre eux ont été victimes et ont cherché à voir si le lieu de naissance des enfants pouvait induire un risdque plus élevé ou non de développer tel ou tel forme de cancer.Résultats : les chercheurs ont trouvé plus de gliomes dans les zones d'agriculture intensive, plus de cancers hépathiques près des usines émettants des polluants de l'air dangereux et plus de lymphomes hodgkiniens et de tumeurs malignes des os dans les zones de croissance rapide de population.remarque de la rédaction : une telle étude souligne l'importance de l'existence de registre des cancers et autres pathologies et de registres des émissions polluantes très détaillés...à ce jour la France ne possède malheureusement pas ces registres de manière systématique.voir l'étude complète sur le site du journal 'Environmental Health' :http://www.ehjournal.net/content/pdf/1476-069X-7-45.pdf

lundi 9 juin 2008

Pesticides et diabete

Les utilisateurs professionnels de pesticides qui ont employé des pesticides chlorés pendant plus de 100 jours durant leur vie ont un risque accru de diabète, d'après une nouvelle étude de chercheurs de l'Institut National pour la Santé des Etats Unis (1). Selon les pesticides, le risque peut être accru de 20 à 200 pour cent.D'après Dale Sandler, responsable de la branche épidémiologie au NIEHS ( l'Institut des Sciences de la santé Environnementale des USA) et co-auteur de cette étude « les résultats suggèrent que les pesticides peuvent constituer un facteur contributif pour le diabete, comme l'obesité, le manque d'exercice ou les antécédents familiaux de diabetes ». Cette étude a été conduite sur plus de 30 000 applicateurs professionnels de pesticides. Elle montre que parmi les 50 pesticidesdifférents auxquels les chercheurs se sont intéressés, 7 produits en particulier ont retenu leur attention -aldrine, chlordane, heptachlor, dichlorvos, trichlorfon, alachlore et cynazine – qui ont augmenté le risque de développer une diabete chez les participants à l'étude qui l'ont utilisés. Le risque croissait d'ailleurs avec la cumulation des expositions au long de la vie.Pour l'un des pesticides , le trichlorfon, le risque de développer un diabète était selon l'étude 2,5 fois plus important chez les personnes l'ayant employé 10 fois ou plus que chez les personnes ne l'ayant jamais utilisé !Pour Freya Kamel, un chercheur du NIEHS co auteur de cette étude parue en mai dernier dans le American Journal of Epidemiology. " ceci montre que l'exposition cumulée sur la durée de la vie est importante et pas seulement l'exposition récente ».pour plus détails sur cette étude :http://mdrgf.c.topica.com/maalScJabHUzfbIDu65eafpL0Q/(1) Reference:Montgomery MP, Kamel F, Saldana TM, Alavanja MCR, Sandler DP. Incident diabetes and pesticide exposure among licensed pesticide applicators: Agricultural Health Study 1993 – 2003, Amer J Epidemiol, 2008;167:1235-46.