11.05.2005 16:56 Quelque 300 personnes ayant travaillé à Monthey sont sous surveillance. [TSR] Des centaines d'employés de l'ancienne usine Ciba de Monthey sont placés sous haute surveillance, selon L'Hebdo. En cause: la production de l'insecticide Galecron en Valais dans les années 80.
Un urologue de Bex, dans le canton de Vaud, estime avoir détecté une trentaine de cas suspects en vingt ans. Le géant de l'industrie chimique doute de ces chiffres. A l'époque, le Galecron était un des produits vedette de Ciba, dont les activités chimiques se retrouvent aujourd'hui dans Syngenta. Il servait à l'élimination de différentes sortes de larves nuisant notamment à la culture du coton. Le produit a connu une histoire tumultueuse tant dans les pays en voie de développement, où il a été testé, qu'en Suisse.
En 1976, de jeunes Egyptiens ont répandu ce produit dans des champs sans se protéger. Très rapidement, les premiers symptômes des maux causées par le chlordiméforme (CDF), le principe actif de cet insecticide, ont fait leur apparition. Les jeunes, âgés de 10 à 18 ans, ont rapidement contracté des irritations des yeux et des maux d'estomacs, alors que du sang se mêlait à leur urine. Production problématique La même année, Ciba a fait stopper la production a Monthey. A cette époque, les travailleurs manipulaient des produits à main nue dans des locaux sans aération, se souvient un ancien employé.
Ciba corrige le tir en modifiant le processus de fabrication et tente en 1978 de relancer le produit aux Etats-Unis, en Colombie, au Salvador, au Honduras et au Guatemala. Malgré des conditions d'utilisation très sévères, le produit est finalement retiré du marché en 1988. Son utilisation a aussi été interdite en Europe. Alerte à Monthey? De nombreux employés de Ciba ont été plus ou moins exposés à cet insecticide à Monthey, de la production à l'emballage. Ces travailleurs devaient, et doivent encore aujourd'hui, donner leur urine pour qu'elle soit analysée par des spécialistes de la firme pharmaceutique.
Ces contrôles ne semblent pas être pratiqués de façon innocente. Selon l'urologue Henri Bitschin, le nombre de cas de cancers de la vessie serait anormalement élevé dans la région montheysanne, d'où viennent nombre de ses patients. Syngenta doute Syngenta, qui a repris en 2000 la plupart des activités chmiques de Ciba et donc le site de production valaisan, doute des chiffres avancés par le médecin bellerin. Jean-Marc Bellagamba, médecin du travail supervisant notamment la sécurité du travail pour Syngenta, explique que lui ne voit en moyenne qu'un cas de cancer de la vessie par an.
Par ailleurs, "contrairement au cancer dû à l'amiante, qui est indiscutable, le cancer de la vessie est multifactoriel, poursuit-il. Il y a le tabac, l'alimentation et enfin l'environnement professionnel." Pour lui, il n'est pas possible d'établir des statistiques pour la région de Monthey. Ciba a payé aux Etats-Unis
Le médecin reconnaît néanmoins qu'environ 300 personnes du site de Monthey ont été ou sont encore sous surveillance pour avoir été exposées d'une manière ou d'une autre au Galecron. Si une dizaine de personnes sont déjà décédées, aucune n'a touché d'indemnité.
Aux Etats-Unis, où ce produit a également été fabriqué, les avocats sont parvenus à faire payer quelque 80 millions de dollars pour un groupe de 30'000 personnes. En Suisse, les employés exposés à l'insecticide estiment ne pas avoir les moyens de se battre contre le géant bâlois.
Le syndicat Unia, de son côté, entend lancer une action collective. Il cherche aussi à savoir si d'autres substances pourraient à l'avenir provoquer les mêmes problèmes que le Galecron...
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jeudi 12 mai 2005
vendredi 18 mars 2005
trois quarts des eaux en France seront de mauvaise qualité en 2015
Figaro : Les trois quarts des eaux en France seront de mauvaise qualité en 2015
ENVIRONNEMENT Un rapport du Muséum met en garde sur les polluants émergents, chimiques et microbiologiques
Le professeur Jean-Claude Lefeuvre, du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), a rendu publique hier une étude sur la qualité de l'eau en France. Ce travail est notamment le résultat d'une enquête d'un an auprès de cinq des six Agences de l'eau françaises. Il remet en perspective le bilan officiel déjà très sombre sur la qualité de l'eau dressé fin 2004 par les Agences de l'eau et les Diren sur l'ensemble du territoire, principalement basé sur le couple nitrates-pesticides. Selon ce bilan, 50 à 75% des masses d'eau superficielles et souterraines de notre pays sont aujourd'hui fortement dégradées et n'atteindront pas la qualité requise par la directive cadre sur l'eau (DCE) à échéance 2015. Le rapport insiste sur des «polluants émergents» encore négligés dans les mesures officielles. Isabelle Brisson [07 juin 2005]
Dans l'hypothèse la plus optimiste retenue par Jean-Claude Lefeuvre dans son rapport, à peine la moitié des masses d'eau pourront atteindre le «bon état» écologique requis en 2015 si aucune mesure complémentaire par rapport à celles prévues dans la législation n'est prise. Et dans l'hypothèse la plus pessimiste, ce sera seulement un quart de ces masses d'eau. Un autre quart a été classé à risque, 23% relèvent de la catégorie «doute» et 27% ont été jugées tellement modifiées qu'elles ne pourront jamais atteindre l'objectif de bon état écologique. Un exemple : en Artois-Picardie, 100% des masses d'eau souterraine, utilisées entre autres pour l'alimentation en eau potable, sont classées à risque.
A ce tableau déjà sombre Jean-Claude Lefeuvre ajoute : «Le bilan officiel est loin de refléter la réalité. Il ne tient pas compte de nombreux polluants émergents et des polluants d'origine microbiologique relevés dans les eaux.» En dehors des éléments habituels utilisés dans l'évaluation tels les nitrates et les pesticides, bien d'autres éléments devraient être pris en considération. C'est le cas de micropolluants venant de 3 000 produits pharmaceutiques utilisés dans l'Union européenne. Ces éléments se retrouvent dans les eaux usées par le biais des urines et des effluents hospitaliers ou agricoles (produits vétérinaires).
Par ailleurs, la présence d'antibiotiques dans les eaux favorise une progression de la résistance bactérienne. C'est le cas des salmonelles, qui ont évolué ces dernières années. Les phtalates, qui aident à donner de la souplesse aux polychlorures de vinyle (PVC) et qui sont utilisés en parfumerie, polluent également. Comme les retardateurs de flamme bromés, employés dans les équipements électriques et électroniques, ils peuvent s'accumuler dans les poissons et se révéler en quantité importante dans les produits alimentaires. Ces substances perturbent notamment le développement et la reproduction des petits crustacés. Enfin, les dioxines provenant du processus de combustion persistent longtemps dans l'environnement (plus de dix ans) et constituent, selon la concentration, une menace pour les animaux et les hommes.
Sur le plan technique, les mesures prises pour lutter contre la pollution ne s'attaquent pas à l'origine du mal. En France, on oublie la prévention qui passe par la remise en cause de l'utilisation des sols et la réhabilitation des talus boisés qui peuvent aider à minimiser les effets de la pollution. Installés en bas de pente, ils peuvent absorber jusqu'à 75% des nitrates. Veiller au maintien des prairies et des zones humides, n'accepter la commercialisation que des substances chimiques dont l'effet est connu ou maîtrisé et améliorer le suivi des microtoxines et des micropolluants dans l'eau devient une nécessité.
Le manque de prévention a des conséquences économiques importantes. A titre d'exemple, les huîtres du bassin d'Arcachon, régulièrement interdites à la vente à cause de la prolifération d'algues toxiques, elle-même liée à la qualité de l'eau des rivières, menacent de faillite certains ostréiculteurs.
Interrogée sur les conclusions du rapport, l'Agence de l'eau Seine-Normandie n'a pas souhaité réagir. En matière d'eau potable, des normes de précaution sont appliquées, rappelle-t-on à l'agence basée à Honfleur. Elles sont de 0,1 microgramme par litre pour les pesticides, soit deux fois moins que le taux autorisé par l'Organisation mondiale de la santé.
La directive cadre sur l'eau requiert la consultation du public depuis mai 2005. «Une chance historique pour le public de réclamer un bon état écologique et chimique de l'eau, analyse Jean-Claude Lefeuvre, défenseur de l'environnement de longue date. Une meilleure connaissance de la situation permettrait de sensibiliser les pollueurs et de faire prendre au public la mesure des enjeux pour la gestion de l'eau.»
Retrouvez le MDRGF sur son site internet : http://www.mdrgf.org/
ENVIRONNEMENT Un rapport du Muséum met en garde sur les polluants émergents, chimiques et microbiologiques
Le professeur Jean-Claude Lefeuvre, du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), a rendu publique hier une étude sur la qualité de l'eau en France. Ce travail est notamment le résultat d'une enquête d'un an auprès de cinq des six Agences de l'eau françaises. Il remet en perspective le bilan officiel déjà très sombre sur la qualité de l'eau dressé fin 2004 par les Agences de l'eau et les Diren sur l'ensemble du territoire, principalement basé sur le couple nitrates-pesticides. Selon ce bilan, 50 à 75% des masses d'eau superficielles et souterraines de notre pays sont aujourd'hui fortement dégradées et n'atteindront pas la qualité requise par la directive cadre sur l'eau (DCE) à échéance 2015. Le rapport insiste sur des «polluants émergents» encore négligés dans les mesures officielles. Isabelle Brisson [07 juin 2005]
Dans l'hypothèse la plus optimiste retenue par Jean-Claude Lefeuvre dans son rapport, à peine la moitié des masses d'eau pourront atteindre le «bon état» écologique requis en 2015 si aucune mesure complémentaire par rapport à celles prévues dans la législation n'est prise. Et dans l'hypothèse la plus pessimiste, ce sera seulement un quart de ces masses d'eau. Un autre quart a été classé à risque, 23% relèvent de la catégorie «doute» et 27% ont été jugées tellement modifiées qu'elles ne pourront jamais atteindre l'objectif de bon état écologique. Un exemple : en Artois-Picardie, 100% des masses d'eau souterraine, utilisées entre autres pour l'alimentation en eau potable, sont classées à risque.
A ce tableau déjà sombre Jean-Claude Lefeuvre ajoute : «Le bilan officiel est loin de refléter la réalité. Il ne tient pas compte de nombreux polluants émergents et des polluants d'origine microbiologique relevés dans les eaux.» En dehors des éléments habituels utilisés dans l'évaluation tels les nitrates et les pesticides, bien d'autres éléments devraient être pris en considération. C'est le cas de micropolluants venant de 3 000 produits pharmaceutiques utilisés dans l'Union européenne. Ces éléments se retrouvent dans les eaux usées par le biais des urines et des effluents hospitaliers ou agricoles (produits vétérinaires).
Par ailleurs, la présence d'antibiotiques dans les eaux favorise une progression de la résistance bactérienne. C'est le cas des salmonelles, qui ont évolué ces dernières années. Les phtalates, qui aident à donner de la souplesse aux polychlorures de vinyle (PVC) et qui sont utilisés en parfumerie, polluent également. Comme les retardateurs de flamme bromés, employés dans les équipements électriques et électroniques, ils peuvent s'accumuler dans les poissons et se révéler en quantité importante dans les produits alimentaires. Ces substances perturbent notamment le développement et la reproduction des petits crustacés. Enfin, les dioxines provenant du processus de combustion persistent longtemps dans l'environnement (plus de dix ans) et constituent, selon la concentration, une menace pour les animaux et les hommes.
Sur le plan technique, les mesures prises pour lutter contre la pollution ne s'attaquent pas à l'origine du mal. En France, on oublie la prévention qui passe par la remise en cause de l'utilisation des sols et la réhabilitation des talus boisés qui peuvent aider à minimiser les effets de la pollution. Installés en bas de pente, ils peuvent absorber jusqu'à 75% des nitrates. Veiller au maintien des prairies et des zones humides, n'accepter la commercialisation que des substances chimiques dont l'effet est connu ou maîtrisé et améliorer le suivi des microtoxines et des micropolluants dans l'eau devient une nécessité.
Le manque de prévention a des conséquences économiques importantes. A titre d'exemple, les huîtres du bassin d'Arcachon, régulièrement interdites à la vente à cause de la prolifération d'algues toxiques, elle-même liée à la qualité de l'eau des rivières, menacent de faillite certains ostréiculteurs.
Interrogée sur les conclusions du rapport, l'Agence de l'eau Seine-Normandie n'a pas souhaité réagir. En matière d'eau potable, des normes de précaution sont appliquées, rappelle-t-on à l'agence basée à Honfleur. Elles sont de 0,1 microgramme par litre pour les pesticides, soit deux fois moins que le taux autorisé par l'Organisation mondiale de la santé.
La directive cadre sur l'eau requiert la consultation du public depuis mai 2005. «Une chance historique pour le public de réclamer un bon état écologique et chimique de l'eau, analyse Jean-Claude Lefeuvre, défenseur de l'environnement de longue date. Une meilleure connaissance de la situation permettrait de sensibiliser les pollueurs et de faire prendre au public la mesure des enjeux pour la gestion de l'eau.»
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mardi 18 janvier 2005
Une publication scientifique lie les cancers de l'enfant à l'exposition de leurs mères à des polluants !
George Knox, Professeur émérite à l'Université de Birmingham en Angleterre vient de publier le 18 janvier dernier dans la revue scientifique "Journal of Epidemiology and Community Health" une étude qui montre que la plupart des cancers de l'enfant seraient probablement causés par des polluants auxquels les mères enceintes ont été exposées. Ceux qui courent le plus grand risque sont les personnes qui vivent près de routes importantes ou dans des zones industrialisées selon le chercheur.En particulier l'étude met en évidence le fait que les enfants nés de mères vivants près de "points chauds" d'émissions de certains produits chimiques ont de deux à quatre fois plus de risque de dévelloper une leucémie ou un autre cancer de l'enfant avant l'âge de 16 ans.Les substances qui semblent augmenter le risque de cancer de l'enfant comprennent le monoxide de carbone provenant de la combustion de carburant fossile et aussi le 1.3-butadiene, un sous produit de la combustion dans les moteurs à explosion.
D'autres polluants sont également acusés , comme les oxydes d'azote, les dioxines, le benzene et le benzopyrene. Ces substances chimiques sont émises par les cheminées de certaines usines et incinérateurs ou dans les fumées d'échappements des véhicules à moteur.Le Docteur Knox dit que ces substances -dont beaucoup se sont déjà avérées être cancérigènes lors d'études réalisées sur des animaux de laboratoire- sont respirées par les mères et retransmises au foetus à travers la barrière placentaire. des contaminations par le lait maternel ou directement durant la jeune enfance ne peuvent pas être exclues non plus selon le chercheur.
L'étude peut être consultée (en anglais, désolé) à l'adresse suivante :
http://jech.bmjjournals.com/cgi/reprint/59/2/101
www.mdrgf.org
D'autres polluants sont également acusés , comme les oxydes d'azote, les dioxines, le benzene et le benzopyrene. Ces substances chimiques sont émises par les cheminées de certaines usines et incinérateurs ou dans les fumées d'échappements des véhicules à moteur.Le Docteur Knox dit que ces substances -dont beaucoup se sont déjà avérées être cancérigènes lors d'études réalisées sur des animaux de laboratoire- sont respirées par les mères et retransmises au foetus à travers la barrière placentaire. des contaminations par le lait maternel ou directement durant la jeune enfance ne peuvent pas être exclues non plus selon le chercheur.
L'étude peut être consultée (en anglais, désolé) à l'adresse suivante :
http://jech.bmjjournals.com/cgi/reprint/59/2/101
www.mdrgf.org
jeudi 6 janvier 2005
Le glyfosinate entrave le bon développement des enfants
Des scientifiques japonais mettent en garde contre le glyfosinate, un pesticide fabriqué par la firme Bayer. Le Dr Yoichiro Kuroda, directeur du Tokyo Metropolitan Institute for Neuroscience a établi - article paru dans la revue spécialisée Kagaku - que le glyfosinate nuit au développement du cerveau humain et peut provoquer des troubles du comportement.
"Si l'on tient à la santé de nos enfants, il faut se montrer très prudent envers les produits chimiques employés dans l'agriculture", déclare Kuroda. "Le cerveau humain est très fragile sensible pendant sa phase de développement. L'industrie chimique a jusqu'à présent ignoré ces risques" poursuit-il. Kuroda dirige l'enquête Effects of Endocrine Disrupters on the Developing Brain (Effets des troubles hormonaux sur le développement du cerveau), soutenue par le gouvernement japonais.
http://www.japantimes.co.jp/cgi-bin/getarticle.pl5?nn20041207f1.htm
"Si l'on tient à la santé de nos enfants, il faut se montrer très prudent envers les produits chimiques employés dans l'agriculture", déclare Kuroda. "Le cerveau humain est très fragile sensible pendant sa phase de développement. L'industrie chimique a jusqu'à présent ignoré ces risques" poursuit-il. Kuroda dirige l'enquête Effects of Endocrine Disrupters on the Developing Brain (Effets des troubles hormonaux sur le développement du cerveau), soutenue par le gouvernement japonais.
http://www.japantimes.co.jp/cgi-bin/getarticle.pl5?nn20041207f1.htm
dimanche 10 octobre 2004
Le désherbant Round up favoriserait les champignons toxiques
14 août 2003 New Scientist
Une étude en laboratoire effectuée pour le compte du gouvernement canadien aurait montrée qu’un herbicide très répandu encourage la croissance de champignons dévastateurs de champs de blé.
Si, par la suite, d’autres études confirment que l’herbicide, glyphosate, augmente le risque d’infections fongiques qui sont déjà un problème très répandu il pourrait être conseillé aux agriculteurs de moins s’en servir.
Ce serait un gros pas en arrière pour les promoteurs de blé génétiquement modifié au Canada,car la première variété de semence en attente d’une autorisation de mise en culture est résistante au glyphosate. Si, par contre, une autorisation est accordée, il risque d’y avoir une augmentation de l’utilisation de glyphosate.
Le risque a été remarqué lors d’une étude de 5 ans menée par Myriam Fernandez du Centre d’Etude Agricole en Prairie Semi-aride à Swift Current dans le Saskatchewan. Elle a remarqué que dans certains champs où le glyphosate avait été pulvérisé au printemps, juste avant de semer, le blé semblait, par la suite, être plus affecté par (fusarium head blight) [flétrissement des plantules] une maladie fongique qui attaque le grain et le rend rose.
Des toxines mortelles
Rien qu’en Europe, (fusarium head blight) [flétrissement des plantules] des céréales détruit un cinquième des récoltes de blé. Le champignon qui cause la maladie produit aussi des toxines capables de tuer les hommes et les animaux.
D’après son collègue Keith Hanson, « nous avons trouvé des taux plus élevés de flétrissements dans chaque [labour] (tillage category) quand du glyphosate avait préalablement été utilisé. »
Et son étude en labo montre que Fusarium graminearum et F. avenaceum, les champignons causant le flétrissement des plantules, poussent plus vite lorsque les désherbants à base de glyphosate sont rajoutés au nutriment.
Mais les chercheurs ne veulent pas en tirer de conclusions trop hâtives. « Nous ne prononcerons pas de verdict tant que nous n’aurons pas tous les chiffres, » dit Hanson. Fernandez souligne que l’analyse des 4 dernières années de chiffres n’est pas encore terminée.
Hanson soutient que le vrai problème est de savoir si les champignons laissent d’autres spores dans le sol. Il est aussi possible que les constations ne découleraient pas directement du glyphosate mais simplement du fait que les herbicides laissent plus de résidus de plantes mortes dans lesquels les champignons peuvent pousser.
Monsanto qui vend le glyphosate sous le nom ‘Roundup’ ainsi qu’un grand nombre de semences « Roundup Ready » modifiées pour être résistantes au Roundup, déclare que le glyphosate est déjà très répandu et ne semble pas engendrer de problèmes liés aux champignons. Monsanto a fait une demande auprès du gouvernement canadien en décembre 2002 pour faire valider son blé génétiquement modifié « Roundup Ready ». La multinationale déclare qu’elle gardera un il très attentif sur les travaux de Fernandez.
www.mdrgf.org
Une étude en laboratoire effectuée pour le compte du gouvernement canadien aurait montrée qu’un herbicide très répandu encourage la croissance de champignons dévastateurs de champs de blé.
Si, par la suite, d’autres études confirment que l’herbicide, glyphosate, augmente le risque d’infections fongiques qui sont déjà un problème très répandu il pourrait être conseillé aux agriculteurs de moins s’en servir.
Ce serait un gros pas en arrière pour les promoteurs de blé génétiquement modifié au Canada,car la première variété de semence en attente d’une autorisation de mise en culture est résistante au glyphosate. Si, par contre, une autorisation est accordée, il risque d’y avoir une augmentation de l’utilisation de glyphosate.
Le risque a été remarqué lors d’une étude de 5 ans menée par Myriam Fernandez du Centre d’Etude Agricole en Prairie Semi-aride à Swift Current dans le Saskatchewan. Elle a remarqué que dans certains champs où le glyphosate avait été pulvérisé au printemps, juste avant de semer, le blé semblait, par la suite, être plus affecté par (fusarium head blight) [flétrissement des plantules] une maladie fongique qui attaque le grain et le rend rose.
Des toxines mortelles
Rien qu’en Europe, (fusarium head blight) [flétrissement des plantules] des céréales détruit un cinquième des récoltes de blé. Le champignon qui cause la maladie produit aussi des toxines capables de tuer les hommes et les animaux.
D’après son collègue Keith Hanson, « nous avons trouvé des taux plus élevés de flétrissements dans chaque [labour] (tillage category) quand du glyphosate avait préalablement été utilisé. »
Et son étude en labo montre que Fusarium graminearum et F. avenaceum, les champignons causant le flétrissement des plantules, poussent plus vite lorsque les désherbants à base de glyphosate sont rajoutés au nutriment.
Mais les chercheurs ne veulent pas en tirer de conclusions trop hâtives. « Nous ne prononcerons pas de verdict tant que nous n’aurons pas tous les chiffres, » dit Hanson. Fernandez souligne que l’analyse des 4 dernières années de chiffres n’est pas encore terminée.
Hanson soutient que le vrai problème est de savoir si les champignons laissent d’autres spores dans le sol. Il est aussi possible que les constations ne découleraient pas directement du glyphosate mais simplement du fait que les herbicides laissent plus de résidus de plantes mortes dans lesquels les champignons peuvent pousser.
Monsanto qui vend le glyphosate sous le nom ‘Roundup’ ainsi qu’un grand nombre de semences « Roundup Ready » modifiées pour être résistantes au Roundup, déclare que le glyphosate est déjà très répandu et ne semble pas engendrer de problèmes liés aux champignons. Monsanto a fait une demande auprès du gouvernement canadien en décembre 2002 pour faire valider son blé génétiquement modifié « Roundup Ready ». La multinationale déclare qu’elle gardera un il très attentif sur les travaux de Fernandez.
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lundi 4 octobre 2004
35% de cancers en plus depuis 1978
Le Nouvel ObservateurSemaine du jeudi 30 septembre 2004 - n°2082 - Notre époque
35% de cancers en plus depuis 1978
Quand la chimie nous rend malades
Bruxelles veut passer au peigne fin 30000 substances chimiques, mais les industriels poussent des cris d’orfraie. L’élimination des plus dangereuses permettrait pourtant d’économiser 40 milliards d’euros en dépenses de santé
Mais où est donc passé le projet Reach? Son adoption par le Parlement européen était prévue pour cet automne. Elle est, pour le moment, reportée sine die. S’il est un projet attendu, essentiel pour l’avenir des Européens, c’est pourtant bien celui-là. Car il y va de notre santé à tous. Reach, pour Registration, Evaluation and Authorization of CHemicals (1), prévoit d’enregistrer les informations de base sur les 30000 substances chimiques dont on produit ou importe plus d’une tonne chaque année. Et d’examiner de près, avant une éventuelle autorisation, toutes celles qui risquent d’avoir un effet sur la santé. Ce projet de bon sens heurte d’énormes intérêts industriels. Alors certains font tout, dans les coulisses, à Bruxelles ou au Parlement européen, pour que les choses traînent. On se souvient pourtant du cri d’alarme lancé par le professeur Dominique Belpomme en février dernier. Ce cancérologue venait de publier un livre (2) inquiétant. Le nombre de cancers augmente, disait-il. Et pas seulement à cause du vieillissement de la population ou du tabac. La preuve: les enfants aussi en sont de plus en plus souvent victimes. Entre 1978 et 2000, effet du vieillissement mis à part, les cancers ont augmenté de 35% selon l’Institut national de Veille sanitaire. Certaines formes de la maladie ont explosé, comme le mésothéliome de la plèvre, causée par l’amiante et le tabac (+354% pour les femmes, +224% pour les hommes). Les mélanomes de la peau ont triplé chez les femmes, quadruplé chez les hommes, les cancers de la prostate ont été pratiquement multipliés par quatre, ceux du sein par deux… Le professeur Belpomme ne voit dans son livre qu’une explication à ce raz de marée de maladies graves: la dégradation de notre environnement due essentiellement à la pollution chimique. Ce n’était pas très nouveau, et l’ensemble du monde scientifique ne disait pas autre chose depuis des années. Mais le professeur Belpomme, qui a créé une association (3) et organisé un colloque sur ce thème en mai dernier, a su, lui, se faire entendre et éveiller l’intérêt des médias. Jean-François Narbonne, un des grands toxicologues français, le reconnaît volontiers: «Cela fait longtemps que nous voulons alerter l’opinion publique, mais nos rapports finissaient toujours par échouer dans un tiroir.» Le grand public ne le sait pas toujours, mais nous baignons dans des substances chimiques qui peuvent parfois se révéler très nocives pour nos organismes. On trouve ainsi du nonylphénol, une substance suspectée de perturber le système hormonal et la reproduction, interdite en Allemagne depuis 2003, dans des pyjamas d’enfants, des jouets, des peintures ou des produits nettoyants De nombreux téléviseurs, ordinateurs, mais aussi tapis ou meubles contiennent des retardateurs de flammes polybromés, qui ont remplacé l’amiante (3000 morts par an en France à l’heure actuelle) mais menacent le métabolisme. On peut pourtant les remplacer eux aussi: un grand de l’électronique comme Samsung l’a fait. Mais les autres constructeurs traînent les pieds. Que dire aussi des phtalates, qui rendent le plastique plus mou et plus doux au toucher et entrent jusqu’à 50% dans la composition de certains jouets? Là encore il s’agit de substances dangereuses, les ministres de l’Economie européens viennent d’ailleurs de proposer d’interdire définitivement trois de ces composants. Mais, plutôt que de s’en passer, les industriels préféraient jusqu’à présent mettre au point des machines qui imitent la succion des enfants sur les jouets pour savoir combien de molécules ces derniers risquaient d’ingérerLa Commission européenne, qui a beaucoup travaillé sous l’impulsion de la Suédoise Margot Wallstöm, ex-commissaire à l’Environnement, a recensé 1400 substances chimiques «hautement préoccupantes», auxquelles pourraient bientôt s’ajouter un demi-millier d’autres composants. Parmi elles 850 sont, selon le jargon des spécialistes, des CMR: cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (dangereuses pour la reproduction). Les autres sont des POP, des polluants organiques persistants, qui ne se dégradent pas, s’accumulent dans les graisses ou le lait maternel et se transmettent tout au long de la chaîne alimentaire. Personne n’est épargné. Le WWF a fait l’expérience l’an dernier en prélevant au Parlement européen le sang de 47 volontaires venus de dix-sept pays d’Europe. On y a retrouvé la trace de 76 substances toxiques différentes! Des phtalates surtout, des dérégulateurs endocriniens qui perturbent la reproduction. Mais aussi, dans 100% des échantillons, du DDT, interdit en France depuis 1971, des pesticides, des polybromés retardateurs de flammes, etc. La personne qui avait la plus forte dose de toxiques dans le sang était une députée verte française qui habite à la campagne et mange bio! Nous sommes tous porteurs de ces étranges cocktails qui expliqueraient, pour certains, que 15% des couples européens sont aujourd’hui stériles, ou qu’un enfant sur sept y souffre d’asthme. Même les Inuits, sur leur banquise, sont touchés. Ils vivent en bout de chaîne alimentaire et concentrent donc les toxiques stockés par les poissons ou les mammifères qu’ils chassent: 73% des femmes inuites ont cinq fois plus de dérivés chimiques du chlore (PCB) dans le corps que ne le prévoit la norme canadienne. Et, toujours selon cette norme canadienne, leur lait maternel est considéré comme un déchet toxique.Et on ne parle pas des pesticides, si répandus qu’aujourd’hui 90% des cours d’eau et 60% des nappes phréatiques sont pollués. Après trente ans de black-out sur le sujet, Jacques Chirac a annoncé, en juillet dernier, le lancement d’une enquête épidémiologique sur l’exposition aux pesticides des paysans depuis cinquante ans. Il n’est jamais trop tard dans un pays, troisième consommateur mondial de ce type de produits, où une pomme peut être traitée jusqu’à 27 fois dans l’année! La Commission européenne estime qu’il y a «des preuves suffisantes pour supposer que les problèmes associés à la contamination de l’environnement et des aliments par les pesticides sont sérieux et s’aggravent». Certains n’ont pas attendu. Dans les pays scandinaves, aux Pays-Bas, on a pris depuis la fin des années 1980 des mesures pour réduire parfois de plus de 70% les tonnages de pesticides utilisés. Et leur production agricole ne s’est pas écroulée.C’est dire l’importance du projet Reach, qui devrait mettre fin dès cet automne à un système dans lequel les industriels pouvaient lancer n’importe quel produit sur le marché en laissant aux Etats le soin de faire face aux conséquences pour la santé. Certes il y avait bien eu, en 2001, la Convention de Stockholm, qui proscrivait l’usage de douze produits extrêmement dangereux «les douze salopards», disaient les experts dont le DDT, toujours utilisé dans les pays du Sud. Et puis auparavant, en 1981, une obligation faite par l’OMS de faire tester les substances chimiques nouvelles sans se préoccuper des 100000 qui étaient déjà présentes sur le marché. Mais l’obligation en question est restée en grande partie lettre morte: sur les 2500 molécules nouvelles apparues depuis cette époque, 140 seulement ont été testées. Selon les rédacteurs du projet Reach, l’élimination de 10% des produits les plus toxiques permettrait d’économiser au bas mot 40 milliards d’euros de dépenses de santé d’ici à 2050. Oui mais, voilà, les industriels ont poussé de hauts cris. En France, l’Union des Industries chimiques a agité le spectre du chômage et des délocalisations: selon elle, le projet Reach, même allégé, coûterait aux professionnels 28 milliards d’euros sur dix ans soit cinq fois plus que les estimations de la Commission européenne. Il entraînerait la réduction de 10 à 30% de la production des secteurs les plus sensibles les plus dangereux? que sont les cosmétiques et les peintures. Et, au final, 360000 emplois seraient directement menacés Mêmes réactions au Royaume-Uni et en Allemagne, où les syndicats sont venus à la rescousse de leurs patrons. Les Américains aussi s’y sont mis dès le lancement du projet, en 2001, par la voix du secrétaire d’Etat Colin Powell, qui a dénoncé des «interdictions pour motifs politiques» qui risquaient de mettre en péril les exportations des Etats-Unis.Un lobbying effréné a donc commencé tant à Bruxelles qu’au Parlement européen. Si bien qu’aujourd’hui on ne sait plus trop quand Reach risque de voir le jour. On nous assure qu’une première lecture aura lieu au printemps prochain, à la suite de laquelle trois sous-commissions du Parlement européen s’empareront du texte qui serait peut-être adopté définitivement en 2006. Peut-être. La seule bonne nouvelle de ces derniers mois c’est que Jean-Pierre Raffarin avait placé le projet Reach au coeur des 45 mesures de son «plan national santé-environnement» présenté en juillet dernier. Cela suffira-t-il à nous rassurer?
(1) Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques.(2) «Ces maladies créées par l’homme», Albin Michel.(3) Association française pour la Recherche thérapeutique anticancéreuse.
Gérard Petitjean
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35% de cancers en plus depuis 1978
Quand la chimie nous rend malades
Bruxelles veut passer au peigne fin 30000 substances chimiques, mais les industriels poussent des cris d’orfraie. L’élimination des plus dangereuses permettrait pourtant d’économiser 40 milliards d’euros en dépenses de santé
Mais où est donc passé le projet Reach? Son adoption par le Parlement européen était prévue pour cet automne. Elle est, pour le moment, reportée sine die. S’il est un projet attendu, essentiel pour l’avenir des Européens, c’est pourtant bien celui-là. Car il y va de notre santé à tous. Reach, pour Registration, Evaluation and Authorization of CHemicals (1), prévoit d’enregistrer les informations de base sur les 30000 substances chimiques dont on produit ou importe plus d’une tonne chaque année. Et d’examiner de près, avant une éventuelle autorisation, toutes celles qui risquent d’avoir un effet sur la santé. Ce projet de bon sens heurte d’énormes intérêts industriels. Alors certains font tout, dans les coulisses, à Bruxelles ou au Parlement européen, pour que les choses traînent. On se souvient pourtant du cri d’alarme lancé par le professeur Dominique Belpomme en février dernier. Ce cancérologue venait de publier un livre (2) inquiétant. Le nombre de cancers augmente, disait-il. Et pas seulement à cause du vieillissement de la population ou du tabac. La preuve: les enfants aussi en sont de plus en plus souvent victimes. Entre 1978 et 2000, effet du vieillissement mis à part, les cancers ont augmenté de 35% selon l’Institut national de Veille sanitaire. Certaines formes de la maladie ont explosé, comme le mésothéliome de la plèvre, causée par l’amiante et le tabac (+354% pour les femmes, +224% pour les hommes). Les mélanomes de la peau ont triplé chez les femmes, quadruplé chez les hommes, les cancers de la prostate ont été pratiquement multipliés par quatre, ceux du sein par deux… Le professeur Belpomme ne voit dans son livre qu’une explication à ce raz de marée de maladies graves: la dégradation de notre environnement due essentiellement à la pollution chimique. Ce n’était pas très nouveau, et l’ensemble du monde scientifique ne disait pas autre chose depuis des années. Mais le professeur Belpomme, qui a créé une association (3) et organisé un colloque sur ce thème en mai dernier, a su, lui, se faire entendre et éveiller l’intérêt des médias. Jean-François Narbonne, un des grands toxicologues français, le reconnaît volontiers: «Cela fait longtemps que nous voulons alerter l’opinion publique, mais nos rapports finissaient toujours par échouer dans un tiroir.» Le grand public ne le sait pas toujours, mais nous baignons dans des substances chimiques qui peuvent parfois se révéler très nocives pour nos organismes. On trouve ainsi du nonylphénol, une substance suspectée de perturber le système hormonal et la reproduction, interdite en Allemagne depuis 2003, dans des pyjamas d’enfants, des jouets, des peintures ou des produits nettoyants De nombreux téléviseurs, ordinateurs, mais aussi tapis ou meubles contiennent des retardateurs de flammes polybromés, qui ont remplacé l’amiante (3000 morts par an en France à l’heure actuelle) mais menacent le métabolisme. On peut pourtant les remplacer eux aussi: un grand de l’électronique comme Samsung l’a fait. Mais les autres constructeurs traînent les pieds. Que dire aussi des phtalates, qui rendent le plastique plus mou et plus doux au toucher et entrent jusqu’à 50% dans la composition de certains jouets? Là encore il s’agit de substances dangereuses, les ministres de l’Economie européens viennent d’ailleurs de proposer d’interdire définitivement trois de ces composants. Mais, plutôt que de s’en passer, les industriels préféraient jusqu’à présent mettre au point des machines qui imitent la succion des enfants sur les jouets pour savoir combien de molécules ces derniers risquaient d’ingérerLa Commission européenne, qui a beaucoup travaillé sous l’impulsion de la Suédoise Margot Wallstöm, ex-commissaire à l’Environnement, a recensé 1400 substances chimiques «hautement préoccupantes», auxquelles pourraient bientôt s’ajouter un demi-millier d’autres composants. Parmi elles 850 sont, selon le jargon des spécialistes, des CMR: cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (dangereuses pour la reproduction). Les autres sont des POP, des polluants organiques persistants, qui ne se dégradent pas, s’accumulent dans les graisses ou le lait maternel et se transmettent tout au long de la chaîne alimentaire. Personne n’est épargné. Le WWF a fait l’expérience l’an dernier en prélevant au Parlement européen le sang de 47 volontaires venus de dix-sept pays d’Europe. On y a retrouvé la trace de 76 substances toxiques différentes! Des phtalates surtout, des dérégulateurs endocriniens qui perturbent la reproduction. Mais aussi, dans 100% des échantillons, du DDT, interdit en France depuis 1971, des pesticides, des polybromés retardateurs de flammes, etc. La personne qui avait la plus forte dose de toxiques dans le sang était une députée verte française qui habite à la campagne et mange bio! Nous sommes tous porteurs de ces étranges cocktails qui expliqueraient, pour certains, que 15% des couples européens sont aujourd’hui stériles, ou qu’un enfant sur sept y souffre d’asthme. Même les Inuits, sur leur banquise, sont touchés. Ils vivent en bout de chaîne alimentaire et concentrent donc les toxiques stockés par les poissons ou les mammifères qu’ils chassent: 73% des femmes inuites ont cinq fois plus de dérivés chimiques du chlore (PCB) dans le corps que ne le prévoit la norme canadienne. Et, toujours selon cette norme canadienne, leur lait maternel est considéré comme un déchet toxique.Et on ne parle pas des pesticides, si répandus qu’aujourd’hui 90% des cours d’eau et 60% des nappes phréatiques sont pollués. Après trente ans de black-out sur le sujet, Jacques Chirac a annoncé, en juillet dernier, le lancement d’une enquête épidémiologique sur l’exposition aux pesticides des paysans depuis cinquante ans. Il n’est jamais trop tard dans un pays, troisième consommateur mondial de ce type de produits, où une pomme peut être traitée jusqu’à 27 fois dans l’année! La Commission européenne estime qu’il y a «des preuves suffisantes pour supposer que les problèmes associés à la contamination de l’environnement et des aliments par les pesticides sont sérieux et s’aggravent». Certains n’ont pas attendu. Dans les pays scandinaves, aux Pays-Bas, on a pris depuis la fin des années 1980 des mesures pour réduire parfois de plus de 70% les tonnages de pesticides utilisés. Et leur production agricole ne s’est pas écroulée.C’est dire l’importance du projet Reach, qui devrait mettre fin dès cet automne à un système dans lequel les industriels pouvaient lancer n’importe quel produit sur le marché en laissant aux Etats le soin de faire face aux conséquences pour la santé. Certes il y avait bien eu, en 2001, la Convention de Stockholm, qui proscrivait l’usage de douze produits extrêmement dangereux «les douze salopards», disaient les experts dont le DDT, toujours utilisé dans les pays du Sud. Et puis auparavant, en 1981, une obligation faite par l’OMS de faire tester les substances chimiques nouvelles sans se préoccuper des 100000 qui étaient déjà présentes sur le marché. Mais l’obligation en question est restée en grande partie lettre morte: sur les 2500 molécules nouvelles apparues depuis cette époque, 140 seulement ont été testées. Selon les rédacteurs du projet Reach, l’élimination de 10% des produits les plus toxiques permettrait d’économiser au bas mot 40 milliards d’euros de dépenses de santé d’ici à 2050. Oui mais, voilà, les industriels ont poussé de hauts cris. En France, l’Union des Industries chimiques a agité le spectre du chômage et des délocalisations: selon elle, le projet Reach, même allégé, coûterait aux professionnels 28 milliards d’euros sur dix ans soit cinq fois plus que les estimations de la Commission européenne. Il entraînerait la réduction de 10 à 30% de la production des secteurs les plus sensibles les plus dangereux? que sont les cosmétiques et les peintures. Et, au final, 360000 emplois seraient directement menacés Mêmes réactions au Royaume-Uni et en Allemagne, où les syndicats sont venus à la rescousse de leurs patrons. Les Américains aussi s’y sont mis dès le lancement du projet, en 2001, par la voix du secrétaire d’Etat Colin Powell, qui a dénoncé des «interdictions pour motifs politiques» qui risquaient de mettre en péril les exportations des Etats-Unis.Un lobbying effréné a donc commencé tant à Bruxelles qu’au Parlement européen. Si bien qu’aujourd’hui on ne sait plus trop quand Reach risque de voir le jour. On nous assure qu’une première lecture aura lieu au printemps prochain, à la suite de laquelle trois sous-commissions du Parlement européen s’empareront du texte qui serait peut-être adopté définitivement en 2006. Peut-être. La seule bonne nouvelle de ces derniers mois c’est que Jean-Pierre Raffarin avait placé le projet Reach au coeur des 45 mesures de son «plan national santé-environnement» présenté en juillet dernier. Cela suffira-t-il à nous rassurer?
(1) Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques.(2) «Ces maladies créées par l’homme», Albin Michel.(3) Association française pour la Recherche thérapeutique anticancéreuse.
Gérard Petitjean
Retrouvez le MDRGF sur son site internet : WWW.MDRGF.ORG
vendredi 23 juillet 2004
Pesticides dans les fruits légumes et céréales
Une évaluation de la commission européenne vient de révéler que près de 53 % des fruits, légumes et céréales consommés en France contiennent des résidus de pesticides. De plus, plus de 8,9 % de ces aliments contiennent des résidus de pesticides à des doses supérieures aux limites européennes maximales de résidus admises.
La direction de la santé et de la protection des consommateurs de la commission européenne (DG SANCO) vient de publier très discrètement fin juillet 2004 les résultats des évaluations nationales de 2002 des niveaux de résidus de pesticides dans les aliments d’origine végétale (fruits, légumes et céréales) pour les pays de l’ UE et la Norvège, l’Icelande et le Lichtenstein.. Ces résultats montrent la présence de résidus de pesticides à des quantités inférieures aux Limites Maximales de Résidus (LMR) dans environ 38 % des échantillons de ce type d’aliments consommés en Europe. En moyenne en Europe ces Limites Maximales de Résidus sont dépassées dans 5,5% des échantillons. Bien que les comparaisons entre les résultats des différents pays de l’UE ne soient pas toujours pertinentes pour des raisons techniques, la France se distingue cette année encore dans cette enquête par des résultats particulièrement mauvais.
En effet ce sont 44 % des échantillons testés en France qui contiennent des résidus de pesticides à des teneurs inférieures aux Limites Maximales de Résidus et 8,9 % des échantillons qui présentent des résidus de pesticides à des teneurs supérieures aux Limites Maximales de Résidus. Ces chiffres sont en aggravation depuis l’année dernière ou ils n’étaient « que » de 43% et 6.1%.
De plus, en moyenne au niveau de l’Union Européenne, 20,7 % des échantillons fournis au niveau de cette enquête présentent des résidus de plusieurs pesticides (contre 18% l’année précédente). Dans l’évaluation française ce sont 29.9 % des échantillons qui contiennent des résidus de plusieurs pesticides (contre 29% l’année précédente) !
Les principaux pesticides trouvés dans les échantillons français sont dans les fruits et légumes : Thiabendazole, Benomyl, Maneb, Iprodione, Imazalil, Procymidone, Maleic-hydrazide, Chlorpropham, Chlorpyriphos et Orthophenylphenol et dans les céréales : Malathion, Pirimiphos-methyl, Chlorpyriphos-methyl, Dichlorvos, Deltamethrine, Piperonyl-butoxide, Gamma HCH et Endosulfan.
Retrouvez le MDRGF sur son site internet : http://www.mdrgf.org/
La direction de la santé et de la protection des consommateurs de la commission européenne (DG SANCO) vient de publier très discrètement fin juillet 2004 les résultats des évaluations nationales de 2002 des niveaux de résidus de pesticides dans les aliments d’origine végétale (fruits, légumes et céréales) pour les pays de l’ UE et la Norvège, l’Icelande et le Lichtenstein.. Ces résultats montrent la présence de résidus de pesticides à des quantités inférieures aux Limites Maximales de Résidus (LMR) dans environ 38 % des échantillons de ce type d’aliments consommés en Europe. En moyenne en Europe ces Limites Maximales de Résidus sont dépassées dans 5,5% des échantillons. Bien que les comparaisons entre les résultats des différents pays de l’UE ne soient pas toujours pertinentes pour des raisons techniques, la France se distingue cette année encore dans cette enquête par des résultats particulièrement mauvais.
En effet ce sont 44 % des échantillons testés en France qui contiennent des résidus de pesticides à des teneurs inférieures aux Limites Maximales de Résidus et 8,9 % des échantillons qui présentent des résidus de pesticides à des teneurs supérieures aux Limites Maximales de Résidus. Ces chiffres sont en aggravation depuis l’année dernière ou ils n’étaient « que » de 43% et 6.1%.
De plus, en moyenne au niveau de l’Union Européenne, 20,7 % des échantillons fournis au niveau de cette enquête présentent des résidus de plusieurs pesticides (contre 18% l’année précédente). Dans l’évaluation française ce sont 29.9 % des échantillons qui contiennent des résidus de plusieurs pesticides (contre 29% l’année précédente) !
Les principaux pesticides trouvés dans les échantillons français sont dans les fruits et légumes : Thiabendazole, Benomyl, Maneb, Iprodione, Imazalil, Procymidone, Maleic-hydrazide, Chlorpropham, Chlorpyriphos et Orthophenylphenol et dans les céréales : Malathion, Pirimiphos-methyl, Chlorpyriphos-methyl, Dichlorvos, Deltamethrine, Piperonyl-butoxide, Gamma HCH et Endosulfan.
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