vendredi 25 mai 2007

Des pesticides dans le placenta de toutes les femmes !

Chez 100% des 308 femmes enceintes espagnoles, ayant ensuite donné naissance à des enfants en bonne santé entre 2000 et 2002, on a trouvé au moins un type de pesticide dans le placenta. C’est ce que montre une étude menée par l’université de Grenade sur les patientes d’un hôpital (1).L’auteure de l’étude, Maria José Lopez, a cherché la présence de 17 pesticides organochlorés, qui sont aussi des perturbateurs endocriniens. Elle a observé que le placenta des femmes contenait en moyenne 8 substances chimiques différentes, et parfois jusqu’à 15. Les pesticides les plus fréquents sont le 1,1-dichloro-2,2 bis (p-chlorophényl)-éthylène (DDE) à 92.7%, le lindane à 74,8% et l’endosulfan-diol à 62.1%.Selon Maria José Lopez, «on ne connaît pas réellement les conséquences d’une exposition aux pesticides perturbateurs du système endocrinien chez les enfants, mais on peut prédire qu’ils sont susceptibles de provoquer de sérieux effets puisque l’exposition du placenta se produit à des moments clés du développement embryonnaire».(1) «Maternal-child exposure via the placenta to environmental chemical substances with hormonal activity», M. Lopez Espinosa, université de Grenade, Espagne

vendredi 6 avril 2007

Les Bienfaits de l'Agriculture biologique mis en évidence dans une nouvelle étude scientifique

Des chercheurs de l'université de Californie ont comparé des kiwis cultivés dans un même verger exactement à la même saison.
Les kiwis de l'agri­culture biologique sont meilleurs pour la santé que ceux cultivés avec des engrais chimiques et des pesti­cides. L'étude rapportée aujourd'hui dans le magazine Chemistry & Industry se présente comme la plus fouillée sur cette question, qui divise encore le monde agricole et les consommateurs.Les chercheurs de l'université de Californie (Davis) ont comparé des kiwis cultivés dans un même verger exactement à la même saison, mais selon les deux pratiques dif­fé­rentes.Résultat, les kiwis bio contiennent plus de polyphénols (des composés organiques qui peuvent contribuer à diminuer la formation de radicaux libres), plus de vita­mine C et plus de minéraux.Les différences constatées seraient dues au fait que les kiwis non protégés par les pesticides développent plus des mécanismes de défense que leurs congénères chimiques. Ils sont aussi plus stressés, ce qui les amène à fabriquer plus d'antioxydants.LeFigaroY. M.le 26 mars 2007voir le site de chemistry and industry :http://mdrgf.c.topica.com/maaf7blabxrzmbIDu65eafpL0Q/

lundi 26 mars 2007

Une étude montre un risque accru de cancer du sein chez les utilisatrices de certains pesticides

Cette étude, réalisée auprès de plusieurs milliers de femmes de Long Island, a en effet montré que le risque de développer un cancer du sein était supérieur de 40% chez les femmes ayant utilisé des pesticides dans leur jardin.Cette étude, qui s’ajoute à des milliers d’autres, met en évidence les risques importants que font courir les pesticides à notre santé : cancers, infertilité, maladies neurodégénératives…
Pour en savoir plus: http://aje.oxfordjournals.org/cgi/content/full/kwk046v1

Peut-on se passer des pesticides ? Oui, et dans tous les domaines !

Une demarche d’autant plus urgente que la France detient le triste record europeen de consommation de pesticides, utilises a 90 % par l’agriculture. La France est egalement tres en retard en matiere d’agriculture biologique : seuls 2 % de la surface agricole utile lui sont consacres. Enfin, l’Hexagone est egalement lanterne rouge en matiere d’agriculture dite « integree », premiere etape qui permet deja une reduction de 25 a 80 % de l’utilisation des pesticides. Bref, en France les pesticides sont encore massivement utilises. Or le dossier de L’Ecologiste montre en 32 pages que, dans tous les secteurs ou sont utilises les pesticides, des alternatives viables et credibles existent.
Au jardin ou en viticulture, en elevage ou au verger, a la maison ou en grandes cultures, pour la production de semence ou de miel, pour les espaces verts ou la lutte contre le paludisme
Le dossier de L’Ecologiste a fait appel a des specialistes de chaque domaine pour exposer clairement l’etat actuel des alternatives. Agriculteurs biologiques bien sûr, chercheurs de l’INRA, du CNRS, de l’universite, associatifs, ingenieurs agronomesEt pour promouvoir toutes ces alternatives, on decouvrira dans L’Ecologiste la presentation de la Semaine pour les alternatives aux pesticides organisee du 20 au 31 mars 2007 par une centaine d’associations coordonnees par le MDRGF (http://www.mdrgf.org/), association avec laquelle le dossier de L’Ecologiste a ete realise.
A lire egalement dans ce numero : Une analyse des propositions de Nicolas Hulot, l’histoire de la premiere multinationale, les bienfaits de l’allaitement, la genese des Amis de la Terre racontee par l’un de ses fondateurs, le microcredit merite-t-il un prix Nobel ?... et les rubriques habituelles !
Trimestriel, en kiosque jusqu’a fin mars 2007 ou sur commande, 6 euros
Redaction : 25, rue de Fecamp 75012 Paris. Fax 01 43 47 03 38Abonnements, commande numeros et livres : 18-24 quai de la Marne 75164 Paris Cedex 19Courriel : contact@ecologiste.org Sommaires complets + librairie sur Site Internet : http://mdrgf.c.topica.com/maafwNzabvMxXaaaaaaeafpL0Q/ Directeur de publication : Teddy Goldsmith.Redacteur en chef : Thierry Jaccaud

lundi 4 décembre 2006

L’exposition aux dioxines reliée au risque de cancers

Le 30 novembre, l’Institut de veille sanitaire (InVS) a présenté les résultats de deux études épidémiologiques sur les dioxines émises par les unités d’incinération d’ordures ménagères (UIOM). Détectées dans des œufs pondus à Besançon (Doubs) ou dans du lait de vache trait à Gilly-sur-Isère (Savoie), les dioxines ont beaucoup fait parler d’elles les dernières années. L’InVS s’est donc penché sur la relation entre l’exposition à ces substances toxiques et la santé. «Ça n’est pas la distance par rapport à l’incinérateur qui compte, mais l’exposition au panache», a souligné Gilles Brücker, directeur de l’InVS.
L’étude «Imprégnation par les dioxines des personnes vivant autour d’incinérateurs d’ordures ménagères en France», co-pilotée avec l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), a été réalisée sur environ 1.000 personnes vivant à proximité de 8 incinérateurs. Elle montre qu’il n’y a globalement pas de différence d’imprégnation, c’est-à-dire de concentration en dioxines dans le sang, entre des personnes habitant dans les zones exposées à un panache de dioxines et celles qui vivent à au moins 20 kilomètres d’une UIOM. Mais il apparaît que la consommation de produits locaux d’origine animale dans la zone d’un panache influence l’imprégnation. Ce résultat ne concerne que les usines anciennes, et non les nouvelles usines soumises à réglementation .
La seconde étude, intitulée «Incidence des cancers à proximité des usines d’incinération d’ordures ménagères», concerne l’apparition de cancers durant la période 1990-1999 auprès de populations ayant vécu à côté ou non d’une UIOM. Elle montre qu’il existe un lien significatif entre le lieu de résidence sous un panache d’incinérateur de 1972 à 1985 et l’augmentation du risque de certains cancers. Chez les femmes, une augmentation de risque a été observée pour tous les types de cancers. Chez les deux sexes, une augmentation de risque a été enregistrée pour le cancer du foie et les lymphomes non hodgkiniens.
Les auteurs de l’étude ont toutefois souligné qu’aucun lien de causalité directe n’a été établi dans les relations mises en évidence. D’autres éléments comme les fumées générées lors d’incendies ou par les feux de broussailles faits chez les particuliers contribuent par exemple à l’exposition aux dioxines. Il n’en reste pas moins que la France possède le plus grand parc d’installations d’incinération ménagère en Europe. Dominique Voynet, élue des Verts, a d’ailleurs confirmé sa demande de moratoire immédiat sur la construction de nouveaux incinérateurs et un plan de fermeture des installations existantes. Elle indique également qu’une manifestation doit avoir lieu le 2 décembre à Corte en Corse contre «un projet d'incinérateur surdimensionné, encore une fois au mépris de l'avis des populations concernées».
Au contraire, estime Nelly Olin, ministre en charge de l’environnement, «ces résultats confortent l’action engagée» par le ministère concernant «le respect des nouvelles normes environnementales en vigueur, plus strictes.» Et de rappeler que les rejets de dioxines des UIOM, qui avaient déjà été divisés par 10 entre 1995 et 2005, ont une nouvelle fois été diminués d’un facteur 10 en 2006.
Toutefois, même si la réglementation a progressé et le nombre d’installations est passé de 300 en 1998 à 128 aujourd’hui, les conséquences d’une exposition n'apparaissent que des décennies plus tard. Il faudra donc attendre de nombreuses années avant de savoir si la mise en conformité récente des installations permet de diminuer le risque d’apparition de cancers.
Agnès Ginestet, JDLE. 04 12 06
Voir le dossier de l’INVS : http://mdrgf.c.topica.com/maafp0Kabu8wzbee6JsbafpL0Q/

lundi 13 novembre 2006

Toxicité neurologique des produits chimiques

Toxicité neurologique des produits chimiques : une bombe à retardement !
La pollution chimique, du fait de ses effets sur le développement cérébral de l'enfant, a créé "une pandémie silencieuse dans les sociétés modernes", qui concerne des millions d'enfants, mais "n'apparaît pas dans les données statistiques sur la santé", regrettent les docteurs Philippe Grandjean (université du Sud-Danemark) et Philip Landrigan (Mount Sinai Hospital, New York). Dans un article mis en ligne, mercredi 8 novembre, par la revue britannique The Lancet, ils recensent les données connues sur la toxicité neurologique des produits chimiques chez la femme enceinte et le jeune enfant. Leur constat, lourd, plaide pour que des tests renforcés soient menés sur les substances chimiques avant qu'elles ne soient commercialisées. A l'appui de leur travail, les deux chercheurs citent une étude américaine des Centres pour le contrôle des maladies (CDC) datant de 1994. Selon elle, un enfant sur six présentait un trouble du développement de très léger à sévère. Le plus souvent affectant le système nerveux. Selon un rapport du Conseil national de la recherche américain publié en 2000, 3 % de ces anomalies résulteraient directement d'une exposition environnementale. Un quart serait la conséquence d'une interaction entre des facteurs environnementaux et des susceptibilités génétiques individuelles.
A ce jour, des dizaines de milliers de produits chimiques sont disponibles sur le marché : on en comptabilise 100 000 dans l'Union européenne et 80 000 aux Etats-Unis. Or, moins de la moitié ont fait l'objet de tests d'évaluation de leur toxicité. Pour 80 % d'entre eux, aucune information n'est disponible sur les effets que ces substances pourraient avoir sur le développement du cerveau de l'enfant.
Cinq produits - plomb, méthyle, mercure, arsenic, polychlorobiphényle (PCB) - et des solvants, comme le toluène, ont une neurotoxicité connue qui affecte le développement. Trois autres - manganèse, fluorures et perchlorates - sont suspectés de causer des troubles de la mémoire, des troubles du comportement et des retards intellectuels.
"ENORME ICEBERG"
Ces produits pourraient n'être que "la partie émergée d'un énorme iceberg", affirment les auteurs de l'étude, qui rappellent la vulnérabilité du cerveau humain au cours de son développement. La preuve de la toxicité chez l'adulte n'est aujourd'hui connue que pour 202 produits. Pour un millier d'autres, elle n'a été démontrée qu'en laboratoire mais ces tests ne prennent pas en compte les fonctions neurologiques supérieures.
Le plus souvent, une substance est identifiée comme toxique chez l'adulte lors d'expositions professionnelles ou d'empoisonnement et, pour l'enfant, lors d'intoxications aiguës. Ce n'est que dans un second temps qu'apparaissent des données épidémiologiques sur les déficits comportementaux chez les enfants exposés au cours de la grossesse à des concentrations inférieures à celles qui sont toxiques pour l'adulte.
Les effets se font souvent sentir à long terme. Ce fut le cas, soulignent les deux chercheurs, avec "l'exposition au plomb présent dans l'essence des enfants des pays industrialisés nés entre 1960 et 1980". C'est aussi celui des pays en voie de développement, où une réglementation moins contraignante autorise l'exportation, malgré leur toxicité, de certains pesticides.
L'article du Lancet rejoint ainsi les préoccupations de l'Appel de Paris, lancé le 7 mai 2004 et signé par plus d'un millier de scientifiques dans le monde - dont plusieurs Prix Nobel - et 1 500 organisations non gouvernementales. Dans un mémorandum, rendu public jeudi 9 novembre et adressé notamment aux 25 Etats membres de l'Union européenne, les signataires proposent "164 mesures à mettre en oeuvre (...) afin d'éviter ou d'atténuer les crises de santé publique".
Source : Le Monde 10.11.06
Pour en savoir plus : - un résumé de l'article du Lancet en anglais : http://www.hsph.harvard.edu/neurotoxicant/appendix.doc

dimanche 5 novembre 2006

La production intégrée de blé plus rentable que l'agriculture raisonnée !

Culture du blé : les systèmes intégrés utilisant moins de pesticides et d’engrais sont plus performants économiquement que les systèmes de culture conventionnels selon l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA) !
Des expérimentations (1) conduites pendant 4 ans par l’INRA, en relation avec ARVALIS et les chambres d’agriculture dans des situations géographiques et agronomiques variées prouvent que le choix de variétés de blé tendre rustiques associées à des itinéraires culturaux intégrés économes en intrants (pesticides, engrais) est plus performant économiquement que les méthodes conventionnelles dites ‘raisonnées’ !
Ainsi, sur l’ensemble des 26 essais suivis en 2006, l’itinéraire intégré permet de dégager en moyenne 56 Euros de plus de marge par hectare que la conduite classique (raisonnée) plus gourmande en intrants. L’écart peut même aller, dans certains cas, jusqu’à plus de 160 Euros /hectare ! En comparant les différents essais, les chercheurs ont montré que les systèmes intégrés étaient plus rentables que les systèmes conventionnels dans 92% des cas en 2006.Ces systèmes dits ‘intégrés’ utilisent 40% de semences en moins que la conduite classique, 0 régulateur de croissance (contre 1 en conventionnel) et 1 seul fongicide (contre 2 en conventionnel). Ils utilisent également 30 unités d’azote de moins par hectare. Ils sont donc favorables à la protection de l’environnement.
Pour rappel, l’INRA avait déjà conseillé l’adoption de systèmes intégrés en agriculture ( et également de l’agriculture biologique) dans son expertise collective sur la réduction de l’utilisation des pesticides réalisée conjointement avec le Cemagref en 2005 (2).
Dans ces conditions, le soutien du gouvernement à l’agriculture raisonnée (3) est proprement incompréhensible, l’avantage écologique et économique allant clairement aux systèmes intégrés. La motivation de ce soutien ne peut être que dictée par les intérêts des firmes multinationales productrices de pesticides. Rappelons que c’est l’UIPP (4), le lobby de ces firmes au niveau français, qui a créé le réseau FARRE, à l’origine de l’agriculture raisonnée !
Le MDRGF demande au gouvernement de revoir sa copie et de donner préférentiellement son soutien aux systèmes de production intégrés et biologiques, seuls susceptibles de protéger l’environnement et la santé publique, tout en étant plus performants économiquement.


(1) : voir : la France Agricole n°3155 du 20 10 06 et les publications de B. Rolland de l’INRA de Rennes comme :
http://www.inra.fr/dpenv/pdf/rollac49.pdf (2) : http://www.mdrgf.org/news/news060106_INRA.html(3) : rappelons qu’un objectif de 30% des exploitations en agriculture raisonnée pour 2008 a été posé alors qu’aucun objectif pour la production intégrée ou l’agriculture bio n’a été avancé par le gouvernement ! voir le plan sur mdrgf.org (4) : Union des Industries pour la Protection des plantes - voir : http://www.uipp.org/uipp/partenaire.php
Retrouvez le MDRGF sur son site internet :
WWW.MDRGF.ORG