jeudi 23 mars 2006

Pesticides et cancers du cerveau

Les soupçons se confirment : l'exposition, professionnelle ou non, à des pesticides favorise la survenue de tumeurs du cerveau.

Le risque serait alors multiplié par deux ou trois, selon une enquête menée en Gironde. «C'est une étude préliminaire mais solide, suffisamment pour mettre en place dès maintenant des mesures de prévention», assure Marcel Goldberg (Inserm). Coordonnateur d'un pôle de recherche sur l'épidémiologie des cancers professionnels, le chercheur présentait hier les premiers résultats de ce programme initié en 2002 (1).

Diagnostic.

Les objectifs sont ambitieux : étudier le rôle des risques professionnels dans la survenue de nombreuses tumeurs (leucémies, cancers de vessie, du sein, du poumon, du cerveau...), mais aussi mettre au point un système pour évaluer rétrospectivement les expositions d'un travailleur à des toxiques, en fonction des métiers qu'il a exercés. En clair, il s'agit d'acquérir des données cruciales pour améliorer la prévention et le diagnostic des cancers liés au travail. Un domaine où la France a accumulé un retard phénoménal.Les estimations font frémir : de 5 à 10 % des cancers seraient d'origine professionnelle, soit 15 000 à 20 000 cas par an, avec presque autant de décès. Dans les vingt ans à venir, l'amiante à elle seule sera responsable de 50 000 à 100 000 tumeurs. Un bilan «inéluctable», insiste Marcel Goldgerg, les expositions à ce toxique ayant déjà eu lieu. Au total, ce sont 2,4 millions de salariés (13,7 %) qui sont exposés régulièrement à des cancérigènes selon Sumer.

Manque de moyens.

Malgré ces risques indéniables, les cancers professionnels restent sous-diagnostiqués, et bien souvent ne sont pas reconnus comme indemnisables. «Les tumeurs du nez et des sinus ont un taux de reconnaissance élevé car ce sont des maladies assez rares et spécifiques. En revanche, moins de 1 % des cancers de vessie sont indemnisés», cite ainsi le Pr Goldberg. Une situation qui s'explique en partie par le manque de moyens («en trente ans de carrière, j'ai passé vingt-sept ans à mendier», ironise l'épidémiologiste ). Mais aussi par la complexité des études. Les cancérigènes les plus puissants tels le nickel ou l'amiante ­ qui multiplient le risque de tumeurs par plus de quarante ­ sont bien identifiés. Mais ceux dont l'impact est moins important, tels les pesticides ou le formaldéhyde (2), sont moins connus. Au départ, les médecins ont été intrigués par le fait que les agriculteurs meurent moins de cancers que la population générale, sauf au niveau du cerveau.

Isabelle Baldi (Bordeaux) a donc comparé 221 adultes vivant en Gironde et atteints d'une tumeur cérébrale à des témoins de même âge et sexe.Cancer et gliome. Le risque de cancer du cerveau apparaît multiplié par 2,58 pour les sujets les plus exposés aux pesticides. Il atteint même 3,21 pour le gliome, une tumeur particulière. De même, les personnes qui traitent leurs plantes d'intérieur avec des pesticides auraient un risque multiplié par 2,6. Cette étude à petite échelle va être étendue à d'autres régions.

(1) Partenariat entre l'Association pour la recherche sur le cancer (Arc) et l'Association pour les accidentés de la vie.
(2) Utilisé notamment comme désinfectant et pour la fabrication des résines. Libération J 23 06 03 MERCI DE FAIRE CONNAITRE CETTE LISTE AUPRES DE VOS CONTACTS. M.D.R.G.F
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Les pesticides responsables de cancers selon une nouvelle étude britannique

Des polluants environnementaux comme les pesticides responsables de cancers selon une nouvelle étude britannique !
Liverpool, 20 mars 2006. Une nouvelle etude realisee a l'universite de Liverpool suggere que des polluants environnementaux comme les pesticides ont une responsabilite dans l'apparition de cancers bien plus importante que ce que l'on pensait auparavant.Cette recherche conduite a l'universite de Liverpool qui vient d'etre publiee montre qu'une exposition a des quantites meme tres faibles de ces polluants peut conduire a un risque accru de développer des cancers, particulièrement chez les jeunes enfants et les jeunes adultes.
Les chercheurs ont systematiquement revus les etudes les plus recentes sur le sujet. Ce travail a ete soutenu par la Societe d'Education et de Prevention du Cancer et conduite par les Professeurs Vyvyan Howardet John Newby, du Departement d'anatomie humaine et biologie cellulaire de l'Universite.
Les chercheurs ont egalement montre que les variations genetiques entre les individus, qui peuvent predisposer certaines personnes au cancer, peuvent interagir avec des contaminants environnementaux et conduire a un risque accru de develloper un cancer.
Le Professeur Howard a declare : « les contaminants environnementaux, en particulier les pesticides de synthese et les organochlores avec des proprietes de perturbation du systeme hormonal, peuvent constituer des facteurs majeurs de declenchement de tumeurs malignes hormono-dependantes. ..on devrait maintenant s’attacher a reduire l'exposition a ces produits chimiques problematiques. »
Ref : JOHN A. NEWBY BSc & C. VYVYAN HOWARD MB, ChB, PhD, FRCPathEnvironmental influences in cancer aetiologyJournal of Nutritional and Environmental Medicine2006, 1 59, PrEview article
Retrouver cet article du Journal of Nutritional &Environmental Medicine :http://www.journalsonline.tandf.co.uk/(5xjjsv55ppkuw145jpqsezmh)/app/home/contribution.asp?referrer=parent&backto=issue,2,2;journal,1,34;linkingpublicationresults,1:100646,1

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samedi 18 mars 2006

Six fois moins de résidus de pesticides chez les tout-petits qui mangent bio.

Les enfants de 2 à 4 ans nourris d'aliments biologiques ont des concentrations de résidus de pesticides six fois moins élevées que ceux qui mangent les produits de l'agriculture industrielle. C'est ce que révèle une petite étude récente qui s'est intéressée à la bioaccumulation des pesticides organophosphorés, une catégorie d'insecticides qui affectent le système nerveux.


Pour les besoins de l'étude, deux groupes d'enfants ont été constitués : 18 enfants ayant une alimentation biologique et 21 enfants ayant une alimentation habituelle. Les chercheurs ont limité leur enquête aux enfants de 2 à 4 ans, car selon leurs prémisses, il s'agit du groupe d'âge le plus à risque : ces enfants mangent de grandes quantités de nourriture proportionnellement à leur masse corporelle et ils ingèrent les aliments ayant la plus grande concentration de résidus de pesticides (tels les légumes et les fruits).

Les chercheurs ont ensuite demandé aux parents de noter pendant trois jours tous les aliments consommés par les enfants. Une journée plus tard, les chercheurs ont procédé à un prélèvement d'urine. Cinq types de pesticides, fréquemment pulvérisés sur les cultures, étaient recherchés (malathion, azinphos-méthyl, parathion, oxydemeton-méthyl, phosmet) et ont été trouvés à de fortes concentrations chez les enfants qui n'avaient pas mangé bio.

À la suite de l'analyse des résultats, les chercheurs ont conclu qu'une alimentation comprenant des fruits et des légumes biologiques peut réduire considérablement le taux d'exposition aux pesticides, en deçà même des valeurs limites fixées par l'Agence de protection de l'environnement américaine (EPA).

Cynthia L. Curl, Richard A. Fenske, Kai Elgethun. Organophosphorus pesticide exposure of urban and suburban pre-school children with organic and conventional diets. Environ Health Perspect October 13 2002.

Téléchargeable sur :

http://ehpnet1.niehs.nih.gov/docs/2003/5754/abstract.pdf

Les enfants plus sensibles aux pesticides !

A l’heure ou l’UIPP continue à faire la promotion des pesticides en France, les études qui montrent la vulnérabilité des foetus et des enfants aux pesticides s’accumulent. En voici deux :

- Une étude épidémiologique publiée dans le numéro de mars de la revue Pediatrics montre que les enfants équatoriens étudiés dont les mères ont été exposées aux pesticides pendant leur grossesse ont une tension artérielle plus élevée et une capacité à recopier des figures géométriques amoindrie. L’étude conclut que l’exposition prénatale aux pesticides peut causer des dommages neurologiques durables. La recherche était menée par une équipe conduite par Philippe Grandjean , professeur au département de santé environnementale de la Harvard School of Public Health ", et était soutenue par le Danish Medical Research Council. Le professeur Grandjean a déclaré que : « Ces résultats suggère qu’une plus grande attention devrait être portée à la protection du cerveau en développement et qu’une plus grande marge de sécurité devrait être mise en place pour protéger les foetus et les enfants des expositions aux toxiques »

source : PEDIATRICS Vol. 117 No. 3 March 2006, pp. e546-e556

Résumé en anglais consultable à :
http://pediatrics.aappublications.org/cgi/content/abstract/117/3/e546

- Une recherche conduite par le professeur Brenda Eskenazi ,University of California, Berkeley, montre que les nouveaux nés peuvent être de 65 à 164 fois plus sensibles à certains pesticides comme le chlorpyrifos ou le diazinon que les adultes . Ils avaient en moyenne de 65 à 164 fois moins de PNO1 (une enzyme permettant de détoxifier les organophosphorés) que la moyenne de leurs mères. La nouvelle étude a été publiée dans le journal scientifique Pharmacogenetics and Genomics en mars 2006. Cet étude met en évidence la nécessité de mettre en place des facteurs de précaution élevés dans toutes les démarches d’évaluation du risque touchant le foeus ou le jeune enfant, ce qui n’est pas le cas actuellement. Elle révèle surtout l’urgence de réduire l’exposition des enfants aux pesticides en privilégiant une alimentation à base de produits issus de l’agriculture biologique, qui ne contient pas de résidus de pesticides de synthèse.

Source : Furlong, Clement E., Nina Holland, Rebecca J. Richter, Asa Bradman, Alan Ho and Brenda Eskenazi. 2006. "PON1 status of farmworker mothers and children as a predictor of organophosphate sensitivity," Pharmacogenetics and Genomics 16:183-190.

Insecticides ménagers et leucémie chez l'enfant

Une étude de l’INSERM publiée le 17 01 06 dans le journal scientifique Occupational and Environmental Medicine montre que les enfants fréquemment exposés à des insecticides ménagers utilisés sur les plantes, les parterres ou dans les shampoings anti-poux courent un risque de développer une leucémie infantile deux fois plus important que les autres. L’exposition à des insecticides et des fongicides conduit à un risque encore supérieur ( plus du double). Les auteurs, conduits par Florence Menegaux considèrent que les résultats sont significatifs et que des actions préventives devraient être entreprises.
Source : The Times January 17, 2006

http://www.timesonline.co.uk/article/0,,13509-1988878,00.html

http://back.journaldelenvironnement.net/uploadpool/documents_GBR/article_pesticide_U754.pdf


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Baisse de la fertilité: les pesticides mis en cause

Des chercheurs d'Harvard ont pour la première fois lier l'exposition de certains insecticides avec une baisse de la fertilité des hommes exposés à de faibles doses.

par Claire Avignon, JDLE


Des chercheurs d'Harvard ont pour la première fois lier l'exposition de certains insecticides avec une baisse de la fertilité des hommes exposés à de faibles doses.Dans un article paru dans le numéro de janvier de la revue scientifique Epidemiology, des chercheurs de l'école de santé publique de l'université de Harvard montrent que des hommes exposés à certains insecticides voient leur taux de testostérone diminuer. Les molécules en cause sont le TCPY (1), un métabolite (2) du chlorpyriphos et du chlorpyriphos-méthyl, et le 1-naphtol, un métabolite du carbaryl et du naphtalène. Tous ces insecticides ont subi une restriction de commercialisation, tant par l'Union européenne que par les Etats-Unis, du fait de leur toxicité pour la santé humaine et de leur dangerosité pour l'environnement. Cependant, son impact sanitaire risque de continuer car les agriculteurs et les jardiniers stockent ces insecticides chez eux. Par ailleurs, des études montrent que des traces de chlorpyriphos sont régulièrement trouvées dans de nombreux fruits et légumes. Ainsi, un rapport américain (3) de 1999-2000 a détecté du TPCY dans l'urine de 90% des hommes américains, et du 1-naphtol dans 75% des échantillons. «Les expositions à quelques pesticides largement répandus sont en fait omniprésentes dans les populations qu'elles les aient ou non utilisées», estime John Meeker, auteur principal de l'article.

C'est pourquoi son équipe s'est penchée sur les effets sanitaires d'une exposition faible aux pesticides. Cet article est l'un des premiers résultats importants portant sur les effets reprotoxiques des produits phytopharmaceutiques. Les chercheurs de Harvard ont compilé les données provenant de 268 hommes qui se sont présentés à une clinique d'infertilité du Massachusetts entre 2000 et 2003. Les analyses ont associé une hausse du taux de TCPY avec une baisse du taux de testostérone. Cette relation inverse a également été trouvée dans le cas du 1-naphtol. Or, les taux des métabolites des insecticides sont comparables à ceux trouvés dans le rapport américain de 1999-2000 sur la population masculine américaine.

«Parce que l'exposition est diffuse, si nos résultats se confirment, il pourrait y avoir un déclin statistique du taux de testostérone parmi toute la population masculine, ce qui peut potentiellement conduire à augmenter le nombre d'hommes infertiles», explique John Meeker. Bien sûr, rappelle le scientifique, d'autres facteurs de risque sont en cause pour expliquer les problèmes de fertilité, qu'il s'agisse de l'âge, du passé médical des hommes, etc. Pour confirmer ces résultats, l'équipe devrait bientôt procéder à une nouvelle étude, cette fois-ci uniquement sur les travailleurs exposés.



(1) 3,5,6-trichloro-2-pyridinol

(2) Les métabolites sont les produits de la transformation d'une substance dans l'organisme

(3) Etude du National health and nutrition examination survey (NHANES) appelée Second national report on human exposure to environmental chemicals

Exposure to Nonpersistent Insecticides and Male Reproductive Hormones.
Epidemiology. 17(1):61-68, January 2006.
Meeker, John D. *; Ryan, Louise +; Barr, Dana B. ++; Hauser, Russ *

étude complète accessible à l'adresse : http://www.epidem.com/pt/re/epidemiology/abstract.00001648-200601000-00012.htm;jsessionid=DG2Wqld9Ht4K8yNGoq5kkooV1JIiCJdmRN0xG3ke2F2P1Kl8JpDl!848925979!-949856144!9001!-1

jeudi 15 décembre 2005

"Pesticides, agriculture, environnement : réduire les utilisations, limiter les impacts"

Un rapport de l'INRA confirme la nécésité de réduire l'usage des pesticides.

Colloque de restitution INRA sur le rapport d'expertise « réduire l'utilisation des pesticides et en limiter les impacts environnementaux »15 décembre 2005 à Paris.
Une expertise scientifique collective menée par l'Inra et le Cemagref, à la demande des ministères en charge de l'agriculture et de l'environnement, a permis de dresser un état des lieux des connaissances sur lesquelles pourraient se fonder des actions visant à réduire le niveau actuel d'utilisation des pesticides et leurs impacts environnementaux.Elle étudie également les conditions économiques qui renforcent actuellement la dépendance des systèmes de production vis-à-vis des pesticides, et la nécessité de mettre en place une politique volontariste si la société souhaite une réduction significative de l'emploi des pesticides sur l'ensemble du territoire et une protection particulière des zones les plus sensibles aux contaminations. rapport téléchargeable en cliquant sur le lien ci dessous :
http://www.inra.fr/expertise-pesticides
renseignements sur le colloque de restitution et inscriptions à : ALTAMEDIA5, rue de Milan 75009 Paris Tél.: 01 44 91 58 50 Fax : 01 44 91 58 51
François VEILLERETTE participera à ce colloque de restitution pour le MDRGF. Il a été pressenti pour participer à une table ronde.Voici un extrait de sa contribution aux débats :
La réduction de l'utilisation des pesticides, une nécessité.
Notre agriculture est extrêmement dépendante de l'utilisation de quantités très importantes de produits phytosanitaires. En effet, selon Eurostat, la consommation de produits phytosanitaires a régulièrement augmenté dans l'Union Européenne ces dernières années. En France, après avoir atteint des sommets de consommation il y a quelques années, les tonnages utilisés ont très légèrement diminués mais la fréquence des traitements sur grandes cultures continue d’augmenter . Ce sont ainsi jusqu’à 9 traitements différents qui sont utilisés sur la culture du blé, alors que les pommes reçoivent, elles, en moyenne 27 traitements par an !Cette dépendance à une utilisation importante des pesticides laisse des traces, dans notre environnement, dans notre alimentation et dans organismes :- 90% des cours d’eau et près de 60% des nappes phréatiques françaises contiennent maintenant des résidus de pesticides .- L’air et les eaux de pluie en contiennent à des concentrations parfois plusieurs dizaines de fois supérieures aux concentrations admissibles pour l’eau du robinet .- Plus de la moitié des fruits et légumes contiennent des résidus de pesticides et 7% des échantillons dépassent les Limites Maximales en Résidus (LMR) .- Etc
La conséquence de cette omniprésence de résidus est que, fort logiquement, on retrouve dans nos organismes, à côté d’une foule d’autres polluants, de nombreux pesticides, certains anciens et persistants, mais aussi d’autres de faible persistance et apportés là par une exposition constante et régulière. Les adultes sont contaminés, mais aussi les enfants, et, plus grave encore, ces êtres fragiles en formation que sont les foetus n'échappent pas à la règle et sont contaminés in utéro . Les nourrissons le sont, eux, par l'allaitement maternel La synthèse du rapport d'expertise de l’INRA/Cemagref reconnaît que « les risques pour la santé humaine (des pesticides) apparaissent suffisamment plausibles pour être mentionnés dans tous les rapports et le plan Santé-Environnement et pour justifier le lancement d’études épidémiologiques et la commande d'une expertise à l’INSERM. » En fait, il existe une accumulation des données préoccupantes fournies par la littérature épidémiologique internationale sur le lien entre l’exposition occupationnelle ou environnementale aux pesticides et l'existence de risques significativement accrus et parfois de manière importante- de développer de multiples pathologies. Une littérature maintenant très importante nous montre en effet que de nombreux types de cancers, des problèmes d'infertilité, des malformations congénitales, des troubles neurologiques,ont été observés plus fréquemment chez les populations exposées aux pesticides que chez celles qui ne le sont pas. La Commission Européenne elle même, dans son 6° Programme d’action pour l'environnement, a reconnu qu'il y a « des preuves suffisantes pour suggérer que les problèmes associés à la contamination de l'environnement et des aliments par les pesticides sont sérieux et s'aggravent ».Face à l’augmentation de ces pollutions environnementales et au risque de pathologies induites, le bon sens voudrait donc que l'on limite réellement l'exposition de la population en réduisant l'emploi des pesticides en agriculture, et non en essayant simplement d'en limiter la dispersion dans l'environnement ou d'en raisonner l’emploi.C'est ce bon sens que le 5° Plan d’Action pour l'Environnement de l'Union Européenne avait choisi de promouvoir lorsque qu'il préconisait la « mise en oeuvre d'une politique de réduction de l'utilisation des pesticides » en Europe. C'est ce même bon sens que le Parlement Européen avait mis en avant en 2002 dans le Rapport Lannoye, du nom de son rapporteur, qui demandait l'adoption d’une Directive pour la réduction de l'utilisation des pesticides en Europe. Aujourd’hui, la synthèse du rapport d'expertise de l'INRA/Cemagref reconnaît l'existence des risques liés à l'utilisation intensives des pesticides de synthèse : risques pour l’environnement et la santé humaine, mais aussi risques pour l'agriculture conventionnelle elle même avec, par exemple, l'apparition de problèmes de résistance qui concernent la plupart des familles chimiques de pesticides. Elle met surtout en avant « la nécessité de réduire les utilisations de pesticides pour en limiter les impacts ». Je ne peux que me féliciter de ce langage, nouveau et porteur de l'espoir d'une évolution enfin possible, même si le rapport se refuse à fixer de quelconques objectifs de réduction chiffrés. Je me félicite également de lire que cette même synthèse met en avant des solutions réellement efficaces sous forme de « stratégies alternatives » au premiers rangs desquelles la production intégrée et l’agriculture biologique, que nous préconisons depuis longtemps..... ...Les politiques de réduction importantes de l'utilisation des pesticides sont indispensables à une amélioration rapide de la situation environnementale et sanitaire. Nous savons maintenant qu'elles sont possibles, efficaces et compatibles avec une production agricole suffisante et économiquement viable pour les pays européens. Il est donc urgent de les mettre en oeuvre rapidement, dans l'intérêt de tous, et notamment des franges de la population les plus fragiles ou les plus exposées . Il faut donc maintenant que les responsables en charge du dossier fassent preuve d'une réelle volonté politique pour que les conclusions de ce rapport INRA/Cemagref ne restent pas lettre morte et intégrent dans leurs politiques l'objectif de réduction de l'utilisation des pesticides. Comme le dit si bien une conclusion du rapport d'expertise de l’INRA/Cemagref, l'engagement dans une politique de réduction de l'utilisation des pesticides « doit être marqué rapidement par un signal fort ». C'est ce signal politique fort que les associations comme le MDRGF attendent aujourd'hui.

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